Le concept de développement durable est entré depuis quelques années dans le vocabulaire des décideurs. Il est même presque devenu un point de passage obligé dès qu'une entreprise ou une collectivité présente un projet d'envergure.
Paradoxalement, malgré son caractère appremment consensuel, le terme prête toujours à débat. L'objectif ici n'est pas de proposer une interprétation définitive mais de présenter les grands types d'approches du développement durable.
Si (presque) tout le monde se réclame du développement durable, c'est aussi parce que l'expression peut être comprise de très nombreuses façons. Ainsi, avant même le sommet de Rio, on comptait déjà plusieurs dizaines d'acceptions différentes !
En français, la situation est encore plus complexe puisque la traduction du terme original sustainable development en développement durable plutôt que développement soutenable a induit une approche différente du concept. Le durable posant la question de la pérennité dans le temps alors que le soutenable interroge sur les limites de notre modèle de développement.
Grossièrement, on peut rassembler les perceptions du développement en deux grands courants extrêmes entre lesquels se répartissent un grand nombre de positions intermédiaires. Enfin, il existe aussi des opposants à la notion de développement durable.
Les questions économiques sont placées au centre des principes du développement durable. Dans ce cas, la vocation première du concept est de sauvegarder le système économique tel qu'il existe en considérant que son bon fontionnement permettra, par la création de richesses, de résorber les problèmes environnementaux et sociaux que connaît la planète.
La base du raisonnement est simple : le développement économique a permis d'apporter le bien-être aux quelques pays en ayant bénéficié. Il s'agit simplement de pérenniser ce modèle tout en l'étendant au reste du globe.
Les porteurs de cette perception dite de soutenabilité faible sont bien évidemment les grandes entreprises ainsi que la plupart des acteurs du monde économique mais aussi certains scientifiques et ingénieurs.
Cette approche considère l'environnement comme un facteur primordial et limitant. Elle prône le décloisonnement des disciplines et des institutions afin de prendre en compte globalement la probématique environnement-développement.
La réflexion est complétement inversée par rapport à celle exposée plus haut : la durabilité du développement passe d'abord par celle des écosystèmes. C'est à l'économie de s'adapter à cet impératif. Ce courant propose une alternative au système actuel basé sur le bien-être matériel. Cette interprétation est proche de la thèse présentée par le Club de Rome dans son rapport Halte à la croissance.
Les tenants de cette approche dite de soutenabilité forte sont généralement des ONG ayant pour objet la protection de la Nature.
Un courant s'oppose au développement durable car le concept reste basé sur la croissance économique, considérée comme mauvaise en soi. Certains défenseurs de cette idée prônent l'adoption de la décroissance soutenable comme modèle.
Cette approche est intéressante sur plusieurs points et par les questions qu'elle oblige à se poser mais force est de constater que les alternatives proposées semblent impossibles à mettre en place même à moyen terme.
Le contenu de ces paragraphes s'inspire largement de la thèse d'A. Boutaud, le développement durable, penser le changement ou changer le pansement, 2005, pp. 67-79. Cette thèse est accessible sur le site d'Agora 21.
Le Département entend s'approprier le développement durable en le considérant comme un moyen de repenser ses politiques.
L'approche se veut plus pragmatique que théorique : il s'agit aussi bien pour les élus que pour les services départementaux d'intégrer systématiquement les impacts en matière sociale, environnementale, économique et démocratique de tout choix politique ou technique.
Parmi les sites intéressants :